Yabééé ! - Un Chapitre dans la tête d' Ati -
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.
Je sais que chacun, en lui-même, est unique. Même s'il peut ressembler à 99% à quelqu'un d'autre, il lui reste encore 1%. 1% pour lui tout seul, qui fait qu'il n'est comme personne d'autre.
J'ai trouvé mon « 1% ».
Je suis telle que je suis, et non telle que sont les autres. Je vois bien, d'où je vis ma propre existence, et je l'accepte, quelle qu'elle soit. Les gens omettent beaucoup trop de choses. Ils ne se reconnaissent pas entre eux alors qu'ils ont vécu ensemble. Ils veulent s'oublier eux-même parce qu'ils estiment avoir trop souffert.
Moi, je n'ai rien oublié, et je n'oublierai pas. Je me rappelle chaque parcelle de ma vie depuis que Grand-Mère est morte. J'ai tellement voulu graver son visage dans ma mémoire pour ne jamais l'oublier, j'y ai tellement réfléchi, je l'ai tellement désiré que j'y suis arrivé. Je connais par coeur les détails de son visage, et je sais que je ne me trompe pas. Depuis que j'ai fait cet effort, je me souviens de tout ; et ce qui fait mon 1%, j'en suis sûre, c'est que je n'ai jamais rien voulu oublier, et que je sais qu'aucun de mes souvenirs de me quittera jamais, quel qu'ait pu être son importance ou la position de mon moral.
Mais sincèrement, ma mémoire n'explique pas comment nous en sommes arrivé là.
Le jour de notre rencontre ne date que d'hier, mais je ne peux pas dire pourquoi je suis encore ici, ni comment ils ont réussi à me dissuader de retourner travailler.
Toujours est-il que ma vessie est pleine et que je suis obligée de courir autour d'une grande table de la suite de Tom si je ne veux pas qu'elle cède. Tom occupe les toilettes, et je ne trouve aucun autre moyen pour me retenir. Gustav fait de la mosaïque et lève souvent sur moi des regards agacés.
[...]
- 0uatchitchitchitchiiiiiiiiiii ! je crie, à terre, un morceau de carrelage enfoncé dans le pied.
- Hein ? J'ai pas compris, me signale Gustav.
- J'AI MAAAAAAAAAL ! je me plains.
- Tu peux pas dire « Aïe », comme tout le monde ?
- Quoi ?! ... Qu'est-ce que ça peut faire ? je grogne. Ca fait MAAAAAAAAAAL ! Je continue.
- Ça me dérange.
- Hein ? Mais... mais... c'est ta faute ! Si tu faisais pas de la mosaïque ici, je... shouuuu... 'mal 'mal 'maaaal... je gémis en massant mon pied.
Bill entre dans la pièce et me jette un regard furtif.
- Tu t'es fait mal ? me demande-t-il. Tu ne devrais pas te balader pieds nus...
- Mais...
A peine ai-je commencé ma phrase qu'il me coupe :
- Je cherche mon portable, annonce-t-il à Gustav.
- Ah... c'est moi qui l'ai, répond ce dernier. Tiens, dit-il en lui donnant.
Bill sort à pas précipités de la pièce, complètement débordé.
Gustav s'abaisse alors à mon niveau et rapproche son visage du mien à une allure étrange.
- Si tu n'étais pas là, ça ne serait pas arrivé, dit-il d'un sourire énigmatique pour conclure sur la conversation que nous entretenions avant de se relever.
Mon envie pressante de passage aux toilettes rattrape vite mon étonnement et je reprends ma course autour de la longue table sous un regard sombre.
PAF !
Après quelques « tours de terrain » seulement, un obstacle stoppe mon mouvement et m'applatit ventre au sol et bras tendus devant moi.
Je me suis complètement étalé de tout mon long à cause d'un... croche-patte ?
Je me retourne vers Gustav dont les jambes sont parfaitement rangées sous sa chaise. Je regarde autour de moi, mais ne trouve rien. Je me lève pour la deuxième fois en caressant mon ventre douloureux et entend avec un immense bonheur la porte des toilettes s'ouvrir. Je me précipite dans le couloir et fonce dans littéralement dans Tom. Je lui attrape le bras, l'écarte de mon passage et, une fois rentrée dans les WC, claque la porte.
- Hé ! râle-t-il pendant que je mets fin au supplice.
- Désolée ! J'étais pressée ! je dis en riant enfin.
Je n'avais pas ri depuis le moment où il m'a laissée pour aller aux toilettes, et cette période m'a semblé être
__ une éternité...