« Yo !
C'est moi, Just-th-fic. Comment allez-vous ?
Je suis suuuuper excitée à l'idée de vous faire connaître une nouvelle histoire pleine d'aventures – et je vous écris ici-même dans l'état d'esprit des personnages. J'ai tout plein d'idées qui débordent... !

. Yabé ! Signifie Et Merde ! en japonais ; l'injure qui sort de votre bouche dès que vous faites une bêtise ou qu'il arrive quelque chose de fou contre quoi vous ne pouvez rien. Chacun, en soi, possède une manière de l'exprimer. Mais ainsi, logiquement, chacun a plus ou moins besoin de l'utiliser...

__Et vous... vous faites des bêtises ? »




** Au jour d'aujourd'hui, voilà bien longtemps que cette fiction a été abandonnée. J'en suis navrée.

# Posté le mercredi 19 mars 2008 12:53

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 10:03

Yabééé ! - Prologue -
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.


- Wesh. Bien ou bien ?

- Euh... Bonjour, je dis poliment. Vous désirez... ?

- Hé, la meuf, comment tu parles, toi ? répond-il rapidement, me faisant sursauter. Tu sors de chez les bourges ou quoi ? Reste modeste, t'es juste là pour vendre des machins à base de farine !

- « We...wesh »... mon pote ! je bégaie pour me rattraper. Du pain au maïs, du pain au... ?

- Yo. Qu'est-ce tu fous là, Bien-Fa ? clame un autre garçon sous la sonnerie de la porte d'entrée de la petite boulangerie.

Le concerné se retourne :

- Yo. Défonce-lui sa gueule.

- Hé ? demande l'autre, incrédule. Une... fille ?

- Tu sais comment elle parle ou quoi ? « Bonjour. Vous désirez...?. » ironise "Bien-Fa" avec une petite voix aigue. Pas de ça ici, frère ! s'emporte-il en retrouvant sa voix initiale. Qu'est-ce qu'elle fout derrière son comptoir avec son pain ? Elle croit peut-être que c'est oim qui vais la faire vivre en payant pour de la farine et de l'eau ?!

Je recule de plusieurs pas et heurte une étagère, faisant tomber plusieurs baguettes de pain.

Mon Dieu, je fais mon maximum. Je le jure. Je suis très, très sage ; je suis gentille, je parle poliement comme Grand-Mère me l'a appris et je me tiens convenablement. Qu'est-ce qui va encore m'arriver ?!

- Frère, t'as fumé ou quoi ?! le reprend le deuxième. Les filles, on les nique, c'est tout. Pourquoi tu veux bastonner ? On va même pas s'amuser. J'parie 5 millions qu'elle va se mettre à pleurer avant qu'on ait commencé.

- Ouais, vieux. Ramène-toi, ordonne l'autre dans son téléphone, ignorant son compagnon. ...Pas grand chose, mais si les flics ramènent leur cul, on aura besoin de toi. ... Ouais.

Il raccroche son portable, agacé.

- Tu ferais mieux de commencer à courir... me conseille-t-il en ricanant.

Sans plus attendre, je détache mon tablier, m'en débarrasse, passe la porte de mon lieu de travail en vitesse et traverse la rue avec précipitation. Je ne sais pas ce qu'il pourrait m'arriver, mais si je dois courir pour sauver ma vie, je veux bien m'y mettre tout de suite...

- Oh, oh... je laisse échapper, me retrouvant face à une bande de trois autres banlieusards.

Mon Dieu, Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai encore fait pour mériter ça ?!

Je tente à droite, mais je suis aussi bloquée.

A gauche ?

Impossible.

Je recule instinctivement puisque les autres avancent vers moi en me fixant bizarrement. Je me cogne contre une personne derrière moi et découvre que je suis complètement encerclée.

- Yabééééé... je dis, les dents serrées, crispée sur moi-même, avec une toute petite voix.

- Encore un viol ?! râle celui que j'ai effleuré en me poussant en avant. C'est marrant, mais je suis fatigué, on s'en est quand même tapé 15 hier...

- Ouais, renchérissent les uns après les autres les garçons qui m'entourent.

- Ca va, ça va ! s'exclame le jeune homme de la boulangerie pour calmer le jeu. Voici... commence-t-il avec un sourire amer, une main tendue, en tournant lentement sur lui-même pour montrer ce qui l'entoure, ...le nouvel hôtel de luxe. Construit dans la cité. Notre cité. Inauguré hier. Vous croyez que je vais rien faire, petits cons ? Ils ont calé un établissement de gosses de riches dans la cité et vous bougez même pas vos culs ?! Petites racailles de merde !

Je n'ose plus bouger parmi les murmures de mécontentement.

- Fils de pute, continue-t-il. Suffit juste de la frapper sous les fenêtre des bourges. Ils se chieront tellement dessus qu'ils vont tous se barrer et que l'hotel va être obligé de fermer.

- Fils de quoi ? le reprend un autre.

- Fils de pute, répète-il en fronçant les sourcils.

Plusieurs s'apprêtent à se jeter sur lui, quand un seul, plus vieux, les retient :

- Imbécile, lui dit-il. Oublie-nous, ok ? Plus d'aide, plus rien. Débrouille-toi tout seul.

Je regarde autour de moi et remarque que plus personne ne s'occupe de moi. Je tente de m'éclipser quand "Bien-Fa" retient mon écharpe, m'étranglant à moitié :

- Pfff, souffle-t-il en crachant à mes pieds. Tu sais toujours pas parler, toi, hein ? lui dit-il. Toujours avec tes « imbécile » au lieu de « sale con ». Qu'est-ce que tu fous en banlieue ?!

- Dis ce que tu veux. Sache que tu fais une grosse erreur, répond l'autre. T'es rien sans nous, pauvre Fabien.

Sur ce, ils s'en vont tous, et il reste seul à mes côtés.

- Putain ! crie-t-il en shoutant dans mon genou comme si ma jambe n'était qu'un vulgaire poteau de circulation. C'est ta faute, vieille conne !

Je tombe à terre. Je plaques mes jambes contre mon buste et les enroule de mes bras pour les protéger au mieux. Je lève la tête vers lui, quelques mèches de cheveux balayant mon visage ;

- Je ne suis pas vieille ! je crie d'une voix suraigue pour me défendre.

Il me gifle. Nous sommes dans une rue qui longe le nouvel hotel. Un bruit de moteur se fait entendre et, lorsqu'il reconnaît les phares d'une richissime voiture qui freine brusquement à quelques mètres de moi, il part en courant après avoir juré et m'avoir donné un dernier coup de pied dans le dos.

- 'Fait mal... je me plains.

J'entends une portière claquer et des pas précipités cogner le sol. Je vois des chaussures parfaitement cirées s'arrêter à ma hauteur. Je cligne des yeux plusieurs fois, puis les lève. Encore. Et encore.

Le visage d'un homme mûr se tord en une grimace et s'apprête à me parler, mais je le coupe tout de suite :

- Yo.

On ne me frappera pas si je parle comme ça, si ?

Je ferme violemment les yeux.

- Je suis désolée, mademoiselle, me surprend-il, mais le jeune maître est d'autant plus capricieux lorsqu'il sort de boîte sans avoir ramené de... euh... ; je suis sûr que vous me comprendrez. Pourriez-vous donc... dégager le passage, je vous prie ?

- Hein ? je le questionne en clignant à nouveau des yeux.

Il soupire.

- Que faites-vous à une heure si tardive dans un tel endroit ? Il fait nuit depuis longtemps et... Je vous en prie, insiste-il, décalez-vous... ne serait-ce qu'un tout petit peu.

Je le regarde, incrédule. Il attrape alors mes bras d'un air désolé et me traine jusqu'au trottoir afin de permettre le passage de la voiture. Il m'y laisse, rejoint le véhicule, claque la porte et redémarre en trombe. Je suis des yeux les phares rouges et remarquent qu'après une petite distance parcourue, la voiture ne semble plus avancer.

Une autre porte claque. Quelqu'un d'autre vient vers moi en courant et m'aggrippe le bras en grognant. Il m'oblige à le suivre ; je fais comme je peux avec les brûlures qui se font sentir le long de mon corps, sans chercher à comprendre. Au niveau de la voiture, il me pousse sur un siège où je me cogne, et nous enferme.
A ce moment-là, je sens un grand coup de fatigue me frapper, ce pourquoi je ne dis rien.
S'il vous plait, faites que cette vie trépidente s'arrête... Je n'en peux plus...

.

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:25

Modifié le dimanche 04 mai 2008 05:05

Yabééé ! - Un Chapitre dans la tête de Tom Kaulitz -
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.


- __Heiin ???!!

- Ben quoi ? nous demande-t-elle, étonnée.

- Tu ne connais pas ton âge ?! nous nous offusquons, tour à tour.

- Cette fille a besoin de réfléchir pendant trois minutes pour dire l'âge qu'elle a... je déplore en plaquant une main sur mon visage.

- Mais elle a dû se tromper dans son calcul, annonce Gustav. 17 ans pour un tel cerveau... c'est... commence-t-il sans trouver ses mots.

- D'où vient ce singe ?! demande Bill, impressioné, en riant.

- Ca vous amuse, hein ? je fais remarquer.

- Tom, explique-toi, insiste Gustav.

Je soupire.

- Hier soir, en revenant de boîte, ce machin était allongé sur la route. Elle avait dû se faire frapper. Le chauffeur l'a déplacée sur le trottoir, et je suis allée la chercher. Je l'ai juste fait dormir sur le canapé, je rajoute en voyant leurs airs accusateurs. C'est vrai qu'au départ je l'ai pas amenée ici pour ça, mais bon...

- Tom, répond vite Georg sur le ton d'avertissement. Ne dis pas ce genre de choses maintenant.

- Hier soir, la discothèque était vide, et j'ai ressenti un manque. C'est tout, je dis à Gustav pour me justifier en ignorant Georg. Mais bon, quand j'ai vu quel genre d'être humain j'avais récupéré, j'ai préféré m'abstenir.

- Tu es un drôle de phénomène..., dit Bill en s'agenouillant au niveau de cette fille, tout sourire, alors qu'elle est assise sur la moquette. C'est quoi, ton prénom ?

Son visage s'illumine.

- Ati ! répond-elle.

- Heiiiiiin ?! répétons-nous en choeur.

- Oui ! s'exclame-t-elle d'une voix joyeuse. Enfin, je n'ai pas de vrai prénom, commence-t-elle à dire très vite. Grand-Mère n'a jamais voulu me dire quel est le prénom que m'ont donné mes parents parce qu'elle l'a toujours trouvé moche. Elle m'a alors dit que je pouvais choisir le nom qui me plaisait. Ati, c'est celui d'un petit singe que j'ai vu au zoo. Il était troooooooooop mignon * ! finit-elle, trépignant sur place, avec un gigantesque sourire.

Bill se reprend après un silence de surprise, et se met à rire :

- Je n'étais pas si loin du compte en parlant de singe !

Qu'est-ce qui m'a pris de ramener ce truc ici ?

- Bon, on va déjeuner ? je propose, perdant patience.

Gustav me rattrape :

- Pas si vite ! Tu nous as fait venir dans ta chambre pour qu'on décide tous ensemble de ce qu'on allait faire d'elle, non ? me rappelle-t-il.

- Oh ! Je dois y aller ! clame alors une petite voix.

Je me tourne vers elle, étonné.

Elle pointe un doigt vers moi pour faire comprendre à qui elle s'adresse :

- Merci pour les pansements ! dit-elle en souriant et en me montrant sa joue blessée couverte de coton et de scotch.

- Euh... Lui, c'est Tom, l'informe Bill, amusé.

Elle défile devant nous, un air pleinement innoncent accroché au visage. J'ouvre de grands yeux et sens mon coeur s'affoler, ne sachant que faire. Je me tourne brusquement dans la direction qu'elle a empruntée et la retient par le bras :

- Tu crois pouvoir partir comme ça ?!



Merci THFIIC la pas-radine pour le site d'hébergement d'images & ta gentillesse :D :D
Grâce à toi, voilà le souvenir qui a fait d'une jeune fille assez spéciale sans nom une fille encore plus bizarre nommée Ati. Ati, le nom d'un singe... Dites, vous avez pas déjà oublié, j'espère ?! Allez, cliquez :]
*

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:33

Modifié le dimanche 04 mai 2008 05:04

Yabééé ! - Un Chapitre dans la tête de Tom Kaulitz -
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.


Ne me regardez pas comme ça. Ne me fixez pas comme si j'avais fait une énorme erreur. Parce que je suis déjà au courant.

Gustav & Georg me regardent. Je sais, je n'aurais pas dû, mais mon instinct l'a retenue.

- Tom plaisante, dit Gustav avec un rire nerveux. Ne t'en fais pas, tu peux partir. Bonne journée ! ajoute-il en la poussant littéralement hors de ma chambre.

Le bras de la jeune fille glisse de ma main. Je la regarde s'éloigner, surprise, et les battements de mon coeur restent suspendus.

Bill la rattrape :

- Non, non, Tom a raison, m'aide-t-il. Tu ne vas pas partir sans avoir déjeuné ? insiste-il avec un sourire.

Je souffle discrètement, soulagé. Quelque chose me disait qu'il ne fallait pas qu'elle parte. Pas maintenant.

Georg et Gustav nous jettent un regard accusateur. Je sais. On n'a plus vraiment le droit de vivre, de parler à n'importe qui et encore moins de fréquenter une fille. La totalité des ordres que l'on reçoit nous empêche presque d'être humains. Les journalistes s'amusent de notre existence, et les interdictions de notre entourage professionnel sont là pour nous « sauver ». Seulement, je ne peux pas m'empêcher de vivre, et je ne le veux pas non plus.

Si David ressentira quelque besoin de rejeter la faute sur l'un de nous, j'assumerai. Même si j'avoue que je me trouve complètement dingue de prendre de telles responsabilités.
Mais ce n'est pas grave, parce que je sais que je ne serai jamais seul. La preuve est là ; si cette fille est ici, c'est parce que Bill a, encore une fois, lu en moi. Je voulais juste qu'elle reste. Ne me demandez pas pourquoi.

[...]

Les croissants sont particulièrement bons ce matin. Est-ce parce que le ciel est si différent depuis hier ? Est-ce parce qu'elle a dormi sur le canapé de ma chambre après que je l'aie ramenée à l'hôtel, parce qu'elle a choisi elle-même son prénom et que c'est celui d'un singe, ou bien parce qu'elle ne peut pas se prononcer sur son âge avant de l'avoir compté sur ses doigts ?

En tout cas, je peux profiter du petit déjeuner sans qu'on me regarde bizarrement ; d'habitude, je suis le plus étrange à table, et on me fixe d'un air choqué. Seulement, aujourd'hui, ce n'est pas moi qui subis le traitement habituel, mais cette fille. Il faut dire qu'elle mange son pain au chocolat miette par miette, et qu'après m'en être enfilé quatre, elle, elle n'en est qu'au quart de son premier. En revanche, après avoir fait ce petit calcul dans ma tête, je ne peux m'empêcher de me mettre à rire en avalant de travers mon jus de mangue. Les regards reviennent vers moi, et le reste du groupe se met à rire à son tour. Elle aussi, bien qu'elle n'ait rien compris, vu ses yeux exorbités. Elle est jolie quand elle rit. Mais à ce rythme-là, je me demande si elle aura fini un jour son pain au chocolat.

- Merci, dit-elle, les lèvres pleines de miettes.

- P... pourquoi ? demande Georg.

- C'est super bon ! répond-elle indirectement, un sourire indéfiniment gourmand collé à son visage.

- Dis, euh... Ati, c'est ça ? hésite Bill.

Elle sourit à l'entente de son prénom de singe.

- Tu habites où ? termine-t-il innocemment.

- Ah, ça... Ca dépend, annonce-t-elle en haussant les épaules. En ce moment, le patron de la boulangerie m'héberge en échange de mon travail.

Je sens la curiosité me dévorer. Je m'apprête à lui poser un bloc de questions, comme Georg, Bill et Gustav, mais l'expression qu'elle adopte me retient l'espace d'un instant.

- Le travail ! s'exclame-t-elle, le visage blanc, un soupçon d'affolement peignant sa voix.

Elle attrape le poignet de Georg et y lit l'heure.

- Non ! NON ! s'écrie-t-elle en cédant à la panique. A dix heures, le pain doit être fait, cuit, installé, mon tablier doit être enfilé, et moi, postée derrière le comptoir. Et hier je.. Le patron ! La caisse ! J'ai même pas eu temps de ranger l'argent de la caisse ! Et j'ai pas fermé le magasin ! Oh noooooooooooooon ! énumère-t-elle à une vitesse folle.

Elle esquisse un pas précipité vers la sortie de la salle, mais je la retiens par sa fine écharpe, ce qui manque de l'étrangler. Elle se retourne, une main sur la gorge.

- Aujourd'hui, c'est dimanche ! dis-je avec un sourire. Et puis, normalement, c'est le patron qui s'occupe de compter l'argent et de fermer le rideau, non ?

Elle se rassied timidement à la table en massant son cou.

- J'ai le coeur qui bat trop vite... J'ai eu peur, se plaint-elle.

Bill se met à rire.

- Alors ? poursuit-il, curieux. Et tes parents ?

- Hein ? l'interroge-t-elle innocemment.

- Tu ne vis pas avec eux ? insiste Bill.

- Ah... euh... Non. Grand-mère n'a jamais voulu parler d'eux, alors je n'en parle pas non plus. Et puis même si je voulais vous dire quelque chose sur eux, je ne pourrais pas, puisque je ne sais rien.

- Alors c'est ta Grand-Mère qui t'a élevée ? lui demande Georg en penchant sa tête vers elle, trahissant ainsi sa curiosité.

- Oui, oui, affirme-t-elle, les yeux rivés sur son verre de jus d'orange, passant la langue sur sa lèvre supérieure.

- Elle est comment ? je demande.

- Elle était toujours heureuse quand elle me parlait. Elle m'a appris les piiiiiiiires bêtises du monde, vante-elle avec joie.

- C'est tout ? Je me plains. Je veux en savoir pl...

Bill me pince le bras d'un air gêné.

- Euh... qui veut le reste de ma tarte au pomme ? propose-t-il à l'assemblée.

Georg et Gustav se ruent dessus, comme pour dissimuler une de mes nouvelles gaffes.

- Quoi ? j'interroge Bill avec de grands yeux.

Qu'est-ce que j'ai encore fait ?

- « Elle était », me rappelle-t-il.

- Yabéééééé..., je laisse échapper, comprenant enfin.

Comment aurais-je pu relever ce détail ? Elle semblait tellement joyeuse...

- Tu parles japonais ?! s'emballe-t-elle avec un grand sourire à l'entente de ma dernière réplique.

- Euh... Non. Bill m'a juste appris quelque mots dans sa période « manga », et ce genre de choses restent...

- Ah ? s'étonne-t-elle. Grand-Mère a visité des tas de pays, alors elle parlait beaaaaucoup-beaucoup de langues. Mais quand elle jurait, elle choisissait toujours le japonais, parce que c'est une jolie langue, et ça rattrapait les insultes qu'elle criait, raconte-elle en riant.

- Je vois... Et... maintenant, euh, tu... tu...

J'ai bien trop peur de refaire une connerie pour pouvoir parler correctement...

- Tu dois travailler pour vivre ? je dis après avoir pris une grande inspiration.

- Oui, répond-elle en souriant. Caissière, boulangère, serveuse... compte-elle sur ses doigts. Mais c'est un peu dur, parce que je ne suis pas encore majeure, alors je dois faire attention à ne pas me faire repérer, sinon les patrons qui acceptent de me faire travailler sont punis. Et j'aurais voulu aider à nettoyer les plages du pétrole, mais c'est un travail bénévole et je ne peux pas me le permettre, parce que je dois gagner de l'argent pour pouvoir au moins manger...

Bill préfère changer de sujet :

- En tout cas, les p'tits dej' sont super bons, ici ! s'écrie-t-il.

- 0ui ! renchérit-elle aussitôt.

Je remarque qu'elle n'a toujours pas fini son pain au chocolat.

Je me penche au-dessus de la table, tend le bras pour le lui prendre et me rassied. Je le mange innocemment sous son regard accusateur.

- Hé ! s'indigne-t-elle.

- Ton pain au chocolat me suppliait de le manger, je me justifie.

- Après « L'homme qui parlait à l'oreille des chevaux », voici « Tom, maître complice des oeuvres patissières », ironise Georg.

Je grogne la bouche pleine :

- C'est nul... je commente.

- Je te signale que tu as le menton couvert de chocolat, ajoute Gustav.

# Posté le dimanche 30 mars 2008 12:52

Modifié le dimanche 04 mai 2008 05:04

Yabééé ! - Un Chapitre dans la tête d' Ati -
Les idiots & les enfants sont honnêtes - La vérité sort de la bouche des enfants.


Je sais que chacun, en lui-même, est unique. Même s'il peut ressembler à 99% à quelqu'un d'autre, il lui reste encore 1%. 1% pour lui tout seul, qui fait qu'il n'est comme personne d'autre.

J'ai trouvé mon « 1% ».

Je suis telle que je suis, et non telle que sont les autres. Je vois bien, d'où je vis ma propre existence, et je l'accepte, quelle qu'elle soit. Les gens omettent beaucoup trop de choses. Ils ne se reconnaissent pas entre eux alors qu'ils ont vécu ensemble. Ils veulent s'oublier eux-même parce qu'ils estiment avoir trop souffert.

Moi, je n'ai rien oublié, et je n'oublierai pas. Je me rappelle chaque parcelle de ma vie depuis que Grand-Mère est morte. J'ai tellement voulu graver son visage dans ma mémoire pour ne jamais l'oublier, j'y ai tellement réfléchi, je l'ai tellement désiré que j'y suis arrivé. Je connais par coeur les détails de son visage, et je sais que je ne me trompe pas. Depuis que j'ai fait cet effort, je me souviens de tout ; et ce qui fait mon 1%, j'en suis sûre, c'est que je n'ai jamais rien voulu oublier, et que je sais qu'aucun de mes souvenirs de me quittera jamais, quel qu'ait pu être son importance ou la position de mon moral.

Mais sincèrement, ma mémoire n'explique pas comment nous en sommes arrivé là.

Le jour de notre rencontre ne date que d'hier, mais je ne peux pas dire pourquoi je suis encore ici, ni comment ils ont réussi à me dissuader de retourner travailler.

Toujours est-il que ma vessie est pleine et que je suis obligée de courir autour d'une grande table de la suite de Tom si je ne veux pas qu'elle cède. Tom occupe les toilettes, et je ne trouve aucun autre moyen pour me retenir. Gustav fait de la mosaïque et lève souvent sur moi des regards agacés.

[...]

- 0uatchitchitchitchiiiiiiiiiii ! je crie, à terre, un morceau de carrelage enfoncé dans le pied.

- Hein ? J'ai pas compris, me signale Gustav.

- J'AI MAAAAAAAAAL ! je me plains.

- Tu peux pas dire « Aïe », comme tout le monde ?

- Quoi ?! ... Qu'est-ce que ça peut faire ? je grogne. Ca fait MAAAAAAAAAAL ! Je continue.

- Ça me dérange.

- Hein ? Mais... mais... c'est ta faute ! Si tu faisais pas de la mosaïque ici, je... shouuuu... 'mal 'mal 'maaaal... je gémis en massant mon pied.

Bill entre dans la pièce et me jette un regard furtif.

- Tu t'es fait mal ? me demande-t-il. Tu ne devrais pas te balader pieds nus...

- Mais...

A peine ai-je commencé ma phrase qu'il me coupe :

- Je cherche mon portable, annonce-t-il à Gustav.

- Ah... c'est moi qui l'ai, répond ce dernier. Tiens, dit-il en lui donnant.

Bill sort à pas précipités de la pièce, complètement débordé.

Gustav s'abaisse alors à mon niveau et rapproche son visage du mien à une allure étrange.

- Si tu n'étais pas là, ça ne serait pas arrivé, dit-il d'un sourire énigmatique pour conclure sur la conversation que nous entretenions avant de se relever.

Mon envie pressante de passage aux toilettes rattrape vite mon étonnement et je reprends ma course autour de la longue table sous un regard sombre.

PAF !

Après quelques « tours de terrain » seulement, un obstacle stoppe mon mouvement et m'applatit ventre au sol et bras tendus devant moi.

Je me suis complètement étalé de tout mon long à cause d'un... croche-patte ?

Je me retourne vers Gustav dont les jambes sont parfaitement rangées sous sa chaise. Je regarde autour de moi, mais ne trouve rien. Je me lève pour la deuxième fois en caressant mon ventre douloureux et entend avec un immense bonheur la porte des toilettes s'ouvrir. Je me précipite dans le couloir et fonce dans littéralement dans Tom. Je lui attrape le bras, l'écarte de mon passage et, une fois rentrée dans les WC, claque la porte.

- Hé ! râle-t-il pendant que je mets fin au supplice.

- Désolée ! J'étais pressée ! je dis en riant enfin.

Je n'avais pas ri depuis le moment où il m'a laissée pour aller aux toilettes, et cette période m'a semblé être
__ une éternité...

# Posté le samedi 12 avril 2008 10:28

Modifié le dimanche 04 mai 2008 05:04